1990 Concours Place Nagoya // INFOS

"PUBLIC DESIGN 92”
NAGOYA : JAPON
ANNÉE 1992
ORGANISATEUR : VILLE DE NAGOYA / PRÉFECTURE DE AICHI
CONCOURS INTERNATIONAL // ASSOCIATION PETRACCONE / VODAR

"Le Concours International de Nagoya est offert comme une opportunité pour les concepteurs de réexaminer les rôles et les fonctions des espaces publics.
II est aussi attendu des designers qu'ils proposent de nouvelles directions pour le développement de la communauté qui mettent l'accent sur le confort et la qualité de vie."

CONTEXTE
Okasaki, 300 000 habitants, près de Nagoya, Japon.
Une place urbaine plantée de quelques arbres bordée sur trois côtés par des voies de circulation. A l'Est, la façade principale d'un centre commercial.
Autour, fermant le quadrilatère un Temple, à l'Ouest, survivant oublié, avec ses arbres. Au Sud, un immeuble de bureaux de trois étages.
Dessous, un parking.
Au dessus, le ciel découpé par les bâtiments vu comme au travers d'un cadre strié des lignes électriques, ponctué par les feux routiers.
Et les nuages qui passent, rappel d'un monde plus vaste.
A venir, un passage piétonnier surélevé qui longera la limite Sud du site. Invisible, la vie de la Cité.
Voitures mouvement bruit dynamisme, lumières chuintement des pneus sous la pluie, klaxons tension et beauté.
Et les gens, silhouettes pressées, courbées chargées, traversant ces espaces hypertendus.

OBJECTIFS
Donner aux citoyens survoltés, abrutis d'images et de sons, un espace capable de ménager une plage de calme.
Ponctuer les déplacements de lieux où s'arrêter, rythmer les parcours.
Faire jouer aux vides urbains d'échelle modeste le rôle d'une clairière au cours d'une marche en forêt : un lieu transitoire, où poser son sac, pour respirer et se détendre avant, plus fort, de reprendre son chemin.

MOYENS
Profiter de la présence du passage surélevé et de sa nécessaire relation avec le niveau du sol pour développer un système où conjuguer calme accueil et services.
Ce principe d'intervention serait renforcé s'il était étendu tout au long du circuit surélevé.
De tels espaces pourraient être aménagés à intervalles variables, à l'architecture diverse, selon les sites disponibles.
Ces équipements rempliront les fonctions suivantes
1 - Liaison entre passage surélevé et sol.
Ce passage d'un niveau à l'autre devra favoriser la flânerie.
En conséquence le "paysage" rencontré devra éveiller l'intérêt et tenter la distraction.
2 - Équipements et services.
Le volume compris entre le sol et le chemin de liaison sera couvert.
Il sera ainsi possible d'offrir aux usagers, à l'intérieur du volume capable ainsi défini, des équipements de première nécessité.
Situés en des points stratégiques du passage surélevé, clairement repérables, largement accessibles, ils deviendront des repères urbains.
Ils pourront abriter crèches/garderie, espaces de relaxation, équipements de base (pharmacie, toilettes, tabac, téléphone), poste de police, centre d'information.

3 - Espaces extérieurs.
Les espaces extérieurs, dans un système élargi, seraient configurés en fonction des sites rencontrés. Ici, la géométrie que nous avons arrêtée est destinée à définir deux types d'ambiance.
a. Un espace extérieur, concave, isolé du bruit, apaisant.
Nous avons accentué le caractère serein du lieu en y intégrant un plan d'eau. Eau calme, support de la rêverie.
Eau stimulante, vivante, quand se mettent en jeu jets, brumisateurs et éclairages. Face à ce plan d'eau, des gradins relient le passage de liaison au sol.
Ils appellent au repos et permettent à un large public d'y prendre place à l'occasion d'événements particuliers : concerts, spectacles etc...
Ces gradins pourront être couverts au moyen d'un matériau translucide, Téflon, protecteur et qui accentuera le caractère festif de cet espace.

b. Un espace extérieur convexe.
Zone intermédiaire entre les équipements couverts et les rues, perméables aux piétons. Cette zone pourrait être plantée ou évoquer la nature artificiellement. Ici nous proposons une "forêt" de tiges flexibles, ondulantes sous le vent. Ces tiges, réalisées en fibres de verre, deviendront lumineuses la nuit.
Le vent, en les traversant, provoquera un bruissement comparable à celui des feuillages. Cette musique atténuera le bruit de la circulation et accentuera le dépaysement. Des sièges, blocs de granit, seront dispersés dans cette "forêt", fûts fossilisés.
Sur cette face, la paroi verticale du volume d'accueil sera traitée de manière à accentuer son caractère défensif et protecteur.
Elle sera réalisée en granit ou en fibre de carbone.
Ce mur sera percé afin de permettre aux activités internes de s'étendre vers l'extérieur.


Cette proposition, avec des moyens simples, peut enrichir de manière significative le confort de la vie urbaine des citoyens.
Prenant en considération le passage surélevé planifié par la Ville, elle donne l'opportunité d'établir un nouveau système de ponctuation de l'espace urbain.
Elle intègre l'ensemble des composantes du contexte urbain, établit une hiérarchie entre elles dans le but de ramener, comme première préoccupation de l'aménagement urbain, les aspirations de l'homme.